Test génétique : Le polymorphisme DIO2
Physiologie du gène
DIO2 (rs225014 – Thr92Ala)
et son polymorphisme Thr92Ala
Physiologie
Le DIO2 est un gène codant pour une enzyme appelée la déiodinase 2 (D2). Cette sélénoprotéine catalyse la transformation par deiodination en intra-cellulaire de l’hormone thyroïdienne T4 (Thyroxine) en hormone thyroïdienne T3 (triiodothyronine), hormone la plus active, dans les tissus périphériques dont au niveau cérébral.
La T3 intracellulaire se lie ensuite aux récepteurs nucléaires des hormones thyroïdiennes et les active, modulant ainsi la transcription de gènes cibles. La DIO2 est exprimée dans un grand nombre de tissus (bien qu’à de faibles niveaux dans certains), notamment les muscles squelettiques, les ostéoblastes, les cellules hypophysaires, les astrocytes, les cellules endothéliales, la rétine, la cochlée, le placenta, les cellules endothéliales, le tissu adipeux brun …
En cas d’hypothyroïdie ou de carence en iode, lorsque la production de T4 est réduite, l’activité de la D1 (déiodinase présente dans le foie, les reins et la thyroïde) est diminuée alors que celle de la D2 est augmentée.
Polymorphisme Thr92Ala-DIO2
Un certain nombre de polymorphismes mononucléotidiques (SNP) ont été identifiés dans les 3 gènes des différentes déiodinases (DIO1, DIO2, DIO3) mais le plus étudié et susceptible d’avoir une importance clinique est le polymorphisme rs225014 qui consiste en la substitution de la Thréonine par l’Alanine en position 92 (Thr92Ala-DIO2).
Ce polymorphisme présent dans 12 à 36% de la population, a comme conséquence une activité moindre de la D2 entrainant une moins bonne transformation de la T4 en T3, hormone thyroïdienne la plus active.
Certaines publications montrent une association entre le polymorphisme Thr92Ala-DIO2 et des maladies comme l’hypertension, la résistance à l’insuline, le diabète de type 2, les troubles mentaux, les maladies thyroïdiennes auto-immunes et certaines maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, encore discutées.
Implications thérapeutiques
Jusqu’à 3 % de la population des pays occidentaux est sous traitement hormonal thyroïdien substitutif, la majorité sous T4 seule. Cette monothérapie par L-T4 est restée le standard de traitement basé sur la conviction que la conversion périphérique de L-T4 en T3 est intacte. Cependant, des questions sur l’efficacité de la monothérapie par L-T4 subsistent car 10 à 15 % des patients se plaignent de symptômes résiduels d’hypothyroïdie, notamment de dysfonctionnement neurocognitif, de mal-être et de détérioration physique.
La présence d’un variant homozygote ou hétérozygote du gène de la DIO2 chez ces patients pourrait expliquer la persistance de symptômes d’hypothyroïdie malgré un traitement médicamenteux par T4.
L’ajout de T3 médicamenteuse à la T4 chez les patients porteurs de variants améliore leur état neuropsychique.
Quand demander le polymorphisme du gène DIO2 ?
Si vous êtes substitué(e) par de la T4 avec une persistance de symptômes d’hypothyroïdie et/ou si vous êtes substitué(e) ou pas, par de la T4 et présentez un taux de T4 normal et un taux de T3 basse malgré la correction des carences micronutritionnelles.
Où réaliser ces tests ?
Vers un laboratoire spécialisé, par exemple LIMS ou tout autre laboratoire d’analyses spécialisées (Barbier, Synlab France et Synlab Belgique, Eurofins…).
Nb : Si vous souhaitez avant réaliser le test Shotgun ou en savoir plus :
https://sonianutrition.com/test-microbiote-shotgun-analysez-votre-flore-intestinale/
Quel est le résultat ?
Génotype sauvage homozygote TT (Thr/Thr)
Activité enzymatique DIO2 normale.
Conversion optimale de T4 en T3 dans les tissus périphériques.
Avantages :
Métabolisme de base préservé, pas de prédisposition génétique à un ralentissement du métabolisme lié à la DIO2.
Risque de dysfonction thyroïdienne auto‑immune non augmenté par ce variant.
Sensibilité à l’insuline non influencée négativement par ce gène.
Inconvénients : aucun connu lié à ce polymorphisme.
Recommandation : Le gène seul ne suffit pas. Un suivi standard peut suffire, sans nécessité de surveillance spécifique liée à la DIO2. En cas de signes cliniques persistants, un bilan micronutritionnel en sus de la prise en charge de votre médecin traitant est fortement recommandé pour investiguer sur les causes et rétablir le bon fonctionnnement métabolique.
Vous ne présentez pas de variants du gène de la DIO2 qui réduirait la transformation de la T4 (thyroxine) en hormone thyroïdienne T3 (triiodothyronine).
Génotype variant hétérozygote TC (Thr/Ala)
Activité de l’enzyme DIO2 modérément réduite (environ 50 % par rapport au génotype sauvage).
Conversion de T4 en T3 intermédiaire : les taux de T3 peuvent être légèrement inférieurs, mais souvent compensés par l’axe hypothalamo‑hypophysaire.
Avantage : pas de risque majeur d’hypothyroïdie localisée, fonction thyroïdienne généralement conservée.
Inconvénients :
Légère tendance à un métabolisme un peu plus lent (risque modéré de prise de poids notamment). Voir le questionnaire de tous les signes cliniques associés au ralentissement thyroïdien.
Risque légèrement accru de troubles thyroïdiens auto‑immuns (Hashimoto) par rapport au génotype sauvage.
Sensibilité à l’insuline un peu moins bonne (risque métabolique faiblement augmenté).
Recommandation : Le gène seul ne suffit pas. Réaliser un bilan thyroïdien complet (TSH, T4, T3, Anticorps Anti TPO/TG), surveillance du poids et des marqueurs du diabète après consultation d’un micronutritionniste spécialisé et en complément de la prise en charge de votre médecin traitant.
Vous présentez un variant hétérozygote du gène de la DIO2 qui réduit la transformation de la T4 (thyroxine) en hormone thyroïdienne T3 (triiodothyronine). En présence de ce polymorphisme bien que présent uniquement chez l’un des parents, la thérapie de substitution en cas d’hypothyroïdie pourrait consister en un mélange de T4 et de T3, à demander à votre médecin traitant ou endocrinologue. Une substitution est possible chez certains patients, mais pas systématique.
Génotype variant homozygote CC
L’enzyme DIO2 convertit la T4 (inactive) en T3 (active) dans les tissus périphériques (cerveau, muscle, tissu adipeux…).
Le variant Ala réduit l’activité de l’enzyme.
Chez une personne homozygote CC, la conversion de T4 en T3 est moins efficace, ce qui peut entraîner :
une tendance à avoir des T3 plus basses (sans forcément modifier la TSH),
un métabolisme un peu plus lent (Voir tous les signes cliniques associés)
un risque accru de dysfonction thyroïdienne auto‑immune (Hashimoto),
une sensibilité à l’insuline diminuée (risque de diabète de type 2 légèrement augmenté),
un risque plus élevé d’arthrose.
Vous présentez un variant homozygote du gène de la DIO2 qui réduit la transformation de la T4 (thyroxine) en hormone thyroïdienne T3 (triiodothyronine). En présence de ce polymorphisme présent chez les deux parents, la thérapie de substitution en cas d’hypothyroïdie devra consister en un mélange de T4 et de T3, à discuter avec votre médecin traitant ou endocrinologue. Une substitution est possible chez certains patients, mais pas systématique : L’erreur fréquente est d’augmenter les hormones sans comprendre la conversion.
- Recommandation : Le gène seul ne suffit pas. Réaliser un bilan thyroïdien complet (TSH, T4, T3, Anticorps Anti TPO/TG), surveillance du poids et des marqueurs du diabète après consultation d’un micronutritionniste spécialisé et en complément de la prise en charge de votre médecin traitant.
A noter : le génotype CC est parfois écrit « Ala/Ala » ou « Thr92Ala homozygote ». Dans d’autres comptes rendus, on peut trouver « rs225014 T>C » avec le résultat CC. C’est strictement identique
Pourquoi une analyse isolée est-elle insuffisante ?
Tous les patients avec polymorphisme ne présentent pas de symptômes, et tous les patients symptomatiques n’ont pas ce polymorphisme.
L’interprétation d’un gène comme DIO2 doit se faire dans un contexte global. Pour vous donner des recommandations fiables, j’ai absolument besoin de croiser cette information avec vos signes cliniques, votre histoire personnelle (vos autres symptômes, votre hygiène de vie, votre alimentation, vos antécédents…)…
Sans ce contexte, je risquerais de vous donner une interprétation partielle, voire erronée, ce qui irait à l’encontre de mon éthique professionnelle.
Pour votre autonomie, il est important de bien faire les choses au départ. Si vous êtes suivi par un micronutritionniste expérimenté effet, celui-ci recevra l’interprétation complète.
Attention ! Votre compte rendu peut vous donner une interprétation générique rédigée pour chaque gène. Il faut vérifier que le texte correspond bien au génotype trouvé. Nombreuses sont les erreurs.
Se fier au résultat brut est nécessaire, en sus de votre bilan micronutritionnel pour vous accompagner afin d’améliorer tous vos symptômes, combler vos autres déficits et bien plus…
Vous souhaitez ajouter ce test à votre prise en charge ?
➡️ Téléchargez le fichier d’analyses et le consentement en vue d’un test génétique :
LIMS – Demande d’analyses fonctionnelles et consentement pour test génétique(Extrait du laboratoire LIMS MB-Next)
Notez bien le thérapeute qui vous suit lors de sa réalisation, afin qu’il reçoive la partie complète et puisse vous expliquer votre prise en charge, surtout s’il ne connait pas ce test !
Vous souhaitez en savoir plus sur votre profil ?
➡️ Explorez votre flore avec INTEST.pro (Test Shotgun) : L’analyse de microbiote pour vous donner une vision complète de votre écosystème et son impact sur votre thyroïde.
Parce qu’une partie de cette conversion dépend aussi de votre microbiote. Certaines bactéries intestinales produisent des enzymes qui influencent le métabolisme thyroïdien.
Votre corps mérite le meilleur
Sonia Nutrition
Vous avez besoin d’aide ?
Obtenez vos conseils personnalisés et des pistes d’action sans attendre !
Mes prestations sont remboursées par votre mutuelle dans le cadre de votre forfait Diététique.
